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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Mgr André Dupleix  

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse

Délégué épiscopal à la formation des laIcs

Tel : 05 59 06 54 93

Courriel : a.dupleix@free.fr

 

 

11/Que deviennent-ils ?

 

Cette question n'en finit pas de nous habiter lorsque des proches ou des amis nous quittent, et cela quelle que soit notre foi ou notre conviction que la mort ne peut être un point final. Une chose est certaine, c'est que lorsque nous sommes frappés de plein fouet par l'épreuve, l'affirmation d'une vie éternelle ne dissipe ni la souffrance ni les morsures de la douleur.

Je pense à l'évangile de saint Jean, lorsque Jésus arrive devant le corps de son ami Lazare et, qu'après avoir affirmé qu'il est la résurrection et la vie, il se met à pleurer. Attitude tellement humaine de la part de celui dont les évangiles nous disent à plusieurs reprises qu'il lui arrivera d'être bouleversé et qu'il ressentira trouble et émotion. Et c'est sans jamais cacher son trouble personnel que Jésus dira pourtant à ses disciples : "Que votre coeur ne se trouble pas... Quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez... Je suis le chemin, la vérité et la vie..." (Jn 14,1-6)

Alors, à la question  harcelante "que deviennent-ils ?", les croyants au moins peuvent répondre : ils sont avec le Christ, ils sont avec Dieu. Mais cette réponse est-elle suffisante ? Car aucune parole aussi apaisante soit-elle en cet instant n’évacue ni la déchirure ni l’éternelle question posée devant le départ d’un être aimé : Qui est Dieu maintenant ? Où est Dieu maintenant ? Cette question est inévitable lorsque nous sommes dans le silence et devant la froide immobilité d'un corps dont le souffle s'est éteint.   

Le livre de la Sagesse affirme  que Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable. Ne sommes-nous pas, face à la mort de l'autre,  au seuil de l'impérissable ? Au seuil de l'autre versant de la vie, versant invisible à nos yeux mais non moins réel. La liturgie catholique fait dire, lors de la célébration des funérailles : "la vie n'est pas détruite mais elle est transformée". Transformée par Dieu qui, tout en restant l'invisible, associe  chaque être humain à son éternité. Acte de recréation et de renaissance. Que sont-ils devenus ? Ils sont, plus près de nous que jamais,  dans la lumière et l'éternelle paix.