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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

"Chère Amazonie"

L'exhortation post-synodale du pape François sur l'Amazonie est certainement un des textes les plus attendus de ce début d'année. Après trois semaines de travail à Rome en octobre 2019, les 181 père synodaux avaient remis au pape un texte final contenant de nombreux diagnostics sur « le cri de la terre et des pauvres » et proposant divers modes d'action pour l'annonce missionnaire dans la région et l'organisation de la vie de l'Eglise. Le texte final du pape, « Querida Amazonia - Chère Amazonie » est publié ce mercredi 12 février 2020, à midi. Ce soir même KTO vous propose un décryptage des points forts du texte avec le père Anderson Marçal Peres, prêtre du diocèse amazonien de Rio Branco, au Brésil, et Philippine de Saint Pierre, accréditée permanente au Vatican. Une émission présentée par Etienne Loraillère, directeur de la rédaction.

"Chère Amazonie"

Conférence de presse suite à la publication de l'exhortation apostolique du pape François "Chère Amazonie" ("Querida Amazonia"), publiée le mercredi 12 février 2020. Cette exhortation apostolique est la conclusion du synode d'octobre 2019 à Rome, qui avait pour thème : « Amazonie : de nouveaux chemins pour l'Eglise et pour une écologie intégrale ». Conférence tenue par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, et le cardinal Michael Czerny, du Dicastère pour le service du développement humain intégral, et secrétaire spécial de ce synode.

"Chère Amazonie"

EXHORTATION APOSTOLIQUE POST-SYNODALE

QUERIDA AMAZONIA

DU SAINT-PÈRE
FRANÇOIS

AU PEUPLE DE DIEU
ET À TOUTES LES PERSONNES DE BONNE VOLONTÉ

 

"Chère Amazonie"

Pourquoi Querida Amazonia nous aide à mieux comprendre l’Église

 

"Chère Amazonie"

Site de la conférence des évêques de France

L’Amazonie bien-aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère. Dieu nous a fait la grâce de l’avoir tenue spécialement présente au cours du Synode qui s’est déroulé à Rome du 6 au 27 octobre, et qui s’est achevé par un texte ayant pour titre Amazonie : nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale.

 

"Chère Amazonie"

Aleteia

Le pape François a publié mercredi sa très attendue exhortation apostolique sur l’Amazonie. Dans ce document intitulé « Querida Amazonia » (Chère Amazonie), le pontife refuse de se positionner en faveur de l’ordination des hommes mariés et écarte toute forme de diaconat féminin. Il a cependant ouvert une porte à un « rite amazonien ».

 

"Chère Amazonie"

La Croix le 12 février 2020 17h52

« Querida Amazonia », ce qu’ils en pensent

Plusieurs personnalités ont lu « Querida Amazonia » et donnent leur sentiment sur cette exhortation apostolique.

« Une raison d’espérer » José Gregorio Mirabal, coordinateur général du Congrès des organisations indigènes d’Amazonie (Coica)

« Le synode sur l’Amazonie nous donne une raison d’espérer. Mais dans les forêts amazoniennes, nos peuples demeurent en guerre. Dans son exhortation, le pape François reconnaît notre lien particulier à la nature, et la valeur de notre savoir. Mais il sait que nous nous battons pour nos vies. Il sait que les investisseurs et les entreprises qui détruisent l’Amazonie « et ne respectent pas le droit des peuples autochtones (…) doivent être désignés par les noms qui leur correspondent : injustice et crime ». (…)

Nous avons le soutien d’un allié puissant, le vaillant pape et son armée d’évêques et de prêtres qui ont promis de marcher avec nous et de nous aider à transformer un modèle de développement qui met en danger toute la planète. Nos pratiques traditionnelles protègent la forêt et la biodiversité, et promettent d’être une source de santé future et de bénéfices économiques pour l’humanité. Mais sans notre terre, nous disparaîtrons ainsi que ces trésors qui n’ont pas de prix. »

► « Il est bon de voir reconnu ici le fait que sans les femmes, l’Église s’effondre… » Anne-Marie Pelletier, théologienne

« Le pape prend acte de réalités que l’on a manifestement voulu ignorer : il existe, de fait, un engagement des laïcs et des femmes en terre d’Amazonie qui, depuis longtemps, fait vivre l’Église. Dont acte !

Les paragraphes 93-96 vont loin dans la reconnaissance « d’une culture ecclésiale propre, nettement laïque » et dans l’exhortation à multiplier les responsables laïcs « dotés d’autorité », en charge de « services laïcs variés », en particulier assumant explicitement la diaconie de la Parole. Tout cela est référé à la situation et aux urgences de l’Amazonie. Mais on peut espérer que d’autres secteurs de l’Église se sentent concernés par cette invitation très ouverte faite aux laïcs. En tout cas, le propos du pape a l’effet salutaire de rompre avec la problématique habituelle qui assigne les laïcs au temporel, tandis que le spirituel serait censé être la spécialité des prêtres et des religieux. Affaire à suivre, absolument.

À partir de là, un centrage appuyé sur les femmes. Remarquable, le constat du rôle des femmes dans la persistance de communautés dépourvues de prêtres. Il faut bien admettre qu’on est loin de l’affirmation du saint curé d’Ars : « Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes. ». Pas de quoi s’en offusquer d’ailleurs ; depuis le temps du curé d’Ars, nous avons eu l’occasion de retrouver une ecclésiologie familière aux premiers siècles, qui savait honorer la grandeur de l’identité et de la mission baptismales… Mais il est bon de voir reconnu ici le fait que sans les femmes, l’Église s’effondre, en reconnaissant que sans elles, « beaucoup de communautés de l’Amazonie seraient tombées en lambeaux ». Une réalité qu’il serait urgent d’intégrer à notre ecclésiologie… »

► « Le pape insiste sur la pluralité culturelle » François Euvé, théologien jésuite

« En prenant un territoire particulier pour réfléchir aux grandes questions, le pape François a fait de l’Amazonie un laboratoire. S’il n’y a pas véritablement de nouveauté, c’est une belle synthèse de sa pensée. On y retrouve Laudato Si, mais il insiste sur l’inculturation, la pluralité culturelle et le respect des traditions et des « racines ». Ainsi, fait-il allusion aux statuettes jetées dans le Tibre lors du synode lorsqu’il écrit qu’il est « possible de recueillir d’une certaine manière un symbole autochtone sans le qualifier nécessairement d’idolâtrie » (n°79).

Le pape était attendu sur les questions ecclésiales, et la quatrième partie est la plus longue, mais sans surprise. Il insiste sur l’importance de la vie communautaire, de la liturgie en rappelant de manière insistante que le prêtre est le seul ministre de l’eucharistie. Je ne suis pas certain que la réponse soit à la hauteur de la situation. »

► « Il renvoie aux évêques d’Amazonie la responsabilité de trouver des solutions » Josianne Gauthier, secrétaire générale de la Cidse (La Cidse, basée à Bruxelles, est un rassemblement international d’organisations catholiques œuvrant pour la justice sociale).

« Dès le début de « Querida Amazonia », le pape dit clairement que tout ce qui figure dans le document final du synode reste valide, et qu’il ne veut ni répéter ni contredire ce qui a déjà été écrit.

Certes, le terme de « péché écologique » n’apparaît pas dans cette exhortation, mais le pape décrit longuement ce péché et va même jusqu’à demander pardon pour tout le mal qui a été fait et continue d’être fait aux communautés amazoniennes par diverses formes de colonialisme (Par. 15, 17 et 19). Le pape veut sortir du langage convenu pour faire ressentir profondément, de manière poétique et contemplative, l’émotion des peuples amazoniens face à la disparition de la forêt.

Si François insiste tant sur les trois premiers défis – social, culturel et écologique –, c’est parce qu’ils sont urgents et qu’ils affectent et impliquent le monde entier, à la différence des défis pastoraux spécifiques à l’Église catholique. Il sait bien que les médias se focalisent sur les « viri probati ». Il ne dit donc rien sur l’éventuelle ordination d’hommes leaders dans leur communauté, mais confirme la capacité des épiscopats locaux à trouver des solutions. Oui, il faut recruter et former davantage de prêtres missionnaires, mais peut-être faut-il aussi confier certaines responsabilités aux diacres permanents, comme cela avait été proposé dans le document final.

De même pour les femmes, le pape ne veut rien imposer à l’Église universelle mais il n’empêche nullement les Églises particulières de tout faire pour mieux reconnaître leur place et leur rôle. À plusieurs reprises d’ailleurs, il cite des témoignages très forts de femmes entendus pendant le synode et souligne que, sans elles, l’Église ne pourrait pas vivre. Le pape rappelle aussi que, s’il y a des sacrements réservés aux prêtres, les laïcs, hommes et femmes, peuvent s’engager beaucoup plus pour la vie des communautés. »

► « Une écologie de l’émerveillement, qui sait aussi être vigoureuse » Gaultier Bès, directeur adjoint de la revue Limite

« Je souligne d’abord le style toujours déroutant du pape François qui a une approche presque plus poétique que philosophique ou théologique que ses prédécesseurs. Finalement, l’espèce de pied de nez par rapport à l’attention médiatique sur les « viri probati » recentre les catholiques, et par extension le monde, sur l’urgence écologique et la survie des peuples premiers. C’est prophétique. Les questions ecclésiologiques ne sont évidemment pas négligeables mais il y aurait eu le risque de se focaliser sur le sexe des anges alors que la maison brûle. Le pape nous tourne vers l’essentiel et insiste sur l’écologie dans son approche intégrale. L’Amazonie, d’un point de vue scientifique ou symbolique, concentre toutes les problématiques qui se posent aussi à l’échelle planétaire.

Je note avec intérêt la place de poésie et du rêve dans cette exhortation. Le pape rejoint beaucoup d’écologistes pour qui il ne s’agit pas seulement de résoudre des problèmes techniques mais également de travailler sur les imaginaires et notre appréhension du monde. L’insistance sur le rêve participe de la prise de conscience de la nécessité vitale de sortir des approches utilitaristes mais aussi mettre l’accent sur la beauté et la gratuité. L’Amazonie est le poumon de la planète mais il faudrait aussi la sauver si elle ne servait à rien.

L’écologie de l’émerveillement du pape François sait aussi être vigoureuse avec des termes très politiques comme l’idée de colonisation. C’est très concret et subversif. Je perçois également cette exhortation comme une défense et une illustration de l’encyclique Laudato si’. Le cri d’alerte qu’il avait poussé est plus que jamais d’actualité. L’Amazonie est en quelque sorte le symbole de la Terre : si on ne fait rien, elle est promise à la dévastation mais elle peut aussi être le point de départ d’un renouveau du progrès humain. »

"Chère Amazonie"