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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Avoir peur ou construire ?

Faut-il craindre la fin du monde le 2l décembre de cette année ? La fin de quel monde ?

 

« Le Monde des Religions », dans sa dernière parution, présente un dossier sur « Les prophéties de la fin du monde » ... La chaîne de « TV 8 »  a consacré cette semaine une soirée autour de ce même thème ... La question préoccuperait beaucoup d'internautes et serait présente sur bien des « blogs ».  

 

Cet intérêt subi manifeste sans doute l'inquiétude, voire I'angoisse ressentie par beaucoup devant l'évolution de la société, notre avenir même immédiat.

 

Nous avons besoin de découvrir le sens ultime de I'existence de l'univers, de notre humanité, de chacun d’entre nous, pour ne pas passer à côté de I'essentiel et risquer de nous perdre, chacun et tous ensemble, en ignorant aussi les  moyens nécessaires pour atteindre cette fin. Une vie qui serait vide de sens, un « non-sens », deviendrait vite insupportable. Comment la « remplir » ? Et pourquoi alors la transmettre ?

 

Nous connaissons aujourd'hui une « crise »  qui n'est pas seulement économique. La « place »  et les

« errements »  actuels d’une économie mondialisée qui ne cherche que des « plus-values »  financières

au détriment des personnes, sont l'expression d'une perte dramatique chez certains responsables dont la puissance est immense, du sens de I'homme, de sa dignité. L'ultra - libéralisme réduit l'homme à n’être qu’un « consommateur-consommable ». Sous I'apparence d'une liberté (illusoire) et d'une (prétendue) pleine réalisation de soi qu'il prétend offrir, il entraîne les individus à méconnaître et oublier la valeur des solidarités nécessaires et fondatrices dont les premières devraient être découvertes et apprises dans la famille-stable où chacun essaie de vivre de wais et durables engagements.

Oublierait-on que dans une société atomisée, l'individu deviendrait vite la proie et la victime de totalitarisme(s) qui le réduirait à un objet! Une pure « chose », sans aucune défense possible ?

 

La « crise »  peut être salutaire. Le mot, et la réalité, nous rappelle que nous sommes à I'heure de « choix »  décisifs, à mettre en œuvre après un « jugement », un « discernement » exigeant.

 

Chrétiens, nous savons que l'origine de notre humanité, de tous les hommes, de chacun d'entre nous, est dans « l,amour de ce Dieu qui nous  a aimés avant même la création du monde » pour établir avec chacun et avec tous, dans le respect absolu de notre liberté, une « alliance » qui ne cessera de grandir jusqu’à s’accomplir pour et dans l'éternité. Un Dieu qui se fait tout proche de nous, qui s'est fait homme, un avec nous, jusqu’à donner sa vie pour nous et pour ceux-là mêmes qui le mettent à mort. Un Dieu qui met notre vie au dessus de la sienne... qui change  le sens de la mort pour en faire l'expression de la relation la plus forte, acte paradoxal (?) de vie ! «  Il n'y a pas de plus grand amour

que de donner sa vie pour ses amis ». Il nous fait avec Lui victorieux du mal et de la mort.

 

« Créés à I'image et à Ia ressemblance de Dieu », par un Dieu qui est en lui-même, comme nous le révélera pleinement Jésus, Relation d'Amour, Père, Fils, Esprit-saint, les hommes sont donc  « êtres de relation, pour la relation, et  la relation d'amour ». L'amour n'est pas seulement "sentiment", " ressenti"  mais "engagement" celui de servir la vie en l'autre, et d'abord dans les plus faibles, don gratuit de soi.

Il est aussi accueil de l’autre dont l'unicité et la différence nous enrichissent, communion de plus en plus profonde. La Vie est le fruit de la relation d'amour. Elle ne peut grandir, parvenir à sa perfection que dans cette relation. Il est indispensable de retrouver et d'approfondir I'anthropologie chrétienne !

 

La non-équité, l’injustice, l’indifférence, sécrètent la violence. Nous risquons, si nous ne faisons rien, que ce monde tel que nous le vivons, connaisse rapidement une fin dramatique. N'ayons pas peur. Rien n’est encore perdu. Il nous faut nous « convertir ». Enracinés dans l'expérience de I'amour du Christ pour nous, nous, devons nous risquer à nous engager avec tous les hommes de bonne volonté pour construire, développer la vraie solidarité et la fraternité, chacun dans la mise en œuvre de ses devoirs. Découvrir, s’approprier les trésors de la doctrine sociale de l'Eglise, y puiser largement, permettront la justesse et la fécondité de l'action. Il y a urgence.