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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Calendrier Liturgique

Voici que nous entrons dans le cycle de Noël qui débute par le temps de l’Avent. Quand j’étais enfant, je ne comprenais pas l’orthographe de ce terme pour un temps qui se situe avant la fête de Noël… Et, en grandissant, j’ai compris que cela n’avait rien à voir…

Avent… du latin « adventus » dérivé du verbe « advenio » qui, selon le Gaffiot, signifie « arriver, advenir » que nous utilisons aussi, au subjonctif, dans le « Notre Père » : que ton règne vienne (adveniat regnum tuum) et qui donne aussi « avènement » que nous chantons dans le cantique de Noël « Il est né le divin enfant… Chantons tous son avènement ! ». C’est donc un temps qui nous invite à l’attente d’un heureux évènement qui s’est déjà produit : la naissance de Jésus dont nous croyons qu’il n’est pas un enfant comme les autres puisqu’il est le fils de Dieu !

 

L’Avent est donc indissociable de Noël et surtout de l’Epiphanie qui célèbre la révélation de Dieu au monde entier.

 

Ce n’est qu’à la fin du VI°siècle que l’Avent apparaît à Rome, et la France l’adoptera au VIII°siècle.

Il trouve son origine dans la liturgie byzantine à la fin du IV°siècle où on le trouve aussi en Gaule et en Espagne. Il se présente alors comme un temps d’ascèse, associant le jeûne à la prière, pour préparer les baptêmes qui, alors, pouvaient être célébrés à l’Epiphanie dans ces régions.

Les plus anciens d’entre nous se souviennent qu’avant le Concile Vatican II, les chrétiens étaient invités à une démarche identique même s’il n’était plus question de préparer les baptêmes.

 

A la définition du mot « Avent » dans le dictionnaire de la liturgie, dom Robert Le Gall écrit : «[…] Le début de l’Avent considère surtout le dernier avènement du Christ (avenir). A partir du 17 décembre commence une grande semaine de préparation à Noël, plus attentive à la commémoration du mystère de l’Incarnation et de la naissance du Sauveur (passé), pour que nous puissions mieux recevoir la grâce du salut (présent). La liturgie actualise ainsi le passé dans le présent, pour instaurer l’avenir […].

 

Aujourd’hui, nous sommes invités à manifester dans la célébration liturgique une espérance joyeuse.

Comme le temps du carême (objet du prochain billet), ce temps de l’Avent nous invite à la conversion, mais d’une façon différente, avec une pédagogie tournée vers l’extérieur ; les couples qui ont eu la chance d’attendre des enfants dans la joie savent bien ce que comporte la préparation de cet évènement : il s’agit de se préparer à changer de vie, à aller vers un ailleurs, à prendre le risque d’aller vers l’inconnu ; et ils ne peuvent s’empêcher de partager leur enthousiasme …

 

Le temps de l’Avent nous invite à préparer notre cœur pour (ré)accueillir, en Eglise, cet enfant, dans la joie et l’espérance.

 

Avec le chant du Gloire à Dieu, absent du temps de l’Avent, l’allégresse éclate aux jours de Noël et de l’Epiphanie.

Avant, il y a l’espérance …

 

Quelques points d’attention pour mettre en œuvre cette dynamique :

 

La décoration sera sobre et manifestera le déroulement du temps qui nous rapproche de Noël.

De même les chants de l’ordinaire de la messe seront choisis et mis en œuvre dans une perspective d’espérance plus que d’allégresse. Le chant de l’Alléluia sera strictement réservé à l’introduction de l’Evangile.

Le choix du « Je crois en Dieu » n’est pas anodin ; le symbole de Nicée-Constantinople déploie, de façon plus large que le symbole des Apôtres, l’incarnation du Christ et sa divinité.

Le célébrant pourrait parfois dire les prières de l’offertoire à voix haute sans omettre celle qui accompagne le versement de l’eau dans le calice « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité » qui résume si bien la théologie de l’eucharistie.

L’équilibre sonore de l’ensemble de la célébration fera l’objet d’une attention particulière pour que les silences renvoient l’assemblée célébrante à l’accueil émerveillé du Dieu qui s’incarne plutôt qu’à la méditation intérieure « verticale ». Là où il y a des instrumentistes, on pourrait leur demander une présence différente, plus courte, plus discrète pour laisser vivre ces silences.

Toutes ces attentions pendant les liturgies de l’Avent doivent permettre de donner aux fêtes de Noël, Epiphanie et jusqu’au baptême du Seigneur une coloration particulièrement festive devant cette réalité à laquelle nous croyons : Jésus est né ; Il est là…

 

 

Sabine Laudenbach