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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix
Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse

Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 


01/ Chaque instant

 

Nous n’accordons sûrement pas suffisamment d’importance à chaque instant de notre vie. Chaque instant, en apparence le plus modeste ou le plus banal, ce rapport aux choses, cette relation aux personnes qui occupent si souvent, de manière accélérée ou comme une perpétuelle fuite en avant, nos activités et nos échanges.

 

Certes, un peu comme dans la liturgie, il y a dans notre existence des temps exceptionnels, qu’ils soient de joie ou de souffrance, de plaisir ou de douleur. Il y a les temps festifs des grandes célébrations. Mais que faisons-nous du temps ordinaire ?  Ces milliers d’heures vécues au quotidien, qui se ressemblent et font que nous nous ressemblons, qui que nous soyons par ailleurs. Instants  apparemment sans couleur ou sans saveur particulière, habitués que nous sommes à la rapidité ou au clinquant, au superficiel ou au futile.

 

Je crois que, pour toute une part de notre vie, nous passons à côté des richesses infinies qui sont à notre porte. Encore faut-il que nous sachions, non pas nous dérober mais savourer l’instant, comme une traversée lumineuse et un appel à mesurer cette indélébile grandeur que Dieu a inscrite au plus profond de nos êtres. À condition de ne pas craindre le silence ou le calme apaisant et renouvelant de la méditation.  Chaque instant est une éternité.

 

D’un seul coup, notre oreille perçoit des sons qu’elle n’entendait plus. Notre esprit devient accessible à des messages qui lui étaient restés  étrangers. Nos yeux traversent la grisaille apparente pour déceler ces lueurs furtives mais insistantes qui annoncent chaque lever du jour. Nous découvrons des visages qui se perdaient dans l’anonymat ou l’éphémère. Et nous nous surprenons, jusque dans l’inquiétude, à ressentir au plus profond de nous les légers battements du cœur, de l’amour ou de l’espoir.

 

 

En ces journées où la nature déploie devant nos yeux ses rythmes lents mais irréductibles, pourquoi ne pas nous souhaiter de goûter pleinement les instants les plus simples, les gestes les plus lents, les mots les plus brefs ? Nous débusquerons, peut-être alors, dans l’invisible ou l’indicible de chaque chose, l’ineffable présence du créateur.