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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

 

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix
Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris


41/ Corps, sang et cœur…

 

Pour aussi inattendu que cela paraisse, ces trois réalités indissociablement liées à l’existence humaine constituent également un symbole fort du christianisme dans ses affirmations et son enseignement sur Dieu. La question surgit alors : Que peut-on dire de Dieu, l’invisible, à partir du seul langage humain ? Les mots utilisés, pour aussi chargés de sens qu’ils soient, ne sont-ils pas insuffisants, voire inexacts ?

 

Mais l’Évangile de saint Jean nous dit, dès son Prologue, que si « nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé ». Les traductions du texte grec peuvent, certes, mettre des nuances : « nous l’a révélé, nous l’a manifesté, nous l’a raconté… ». Une chose est certaine : Jean nous affirme bien et tout le quatrième évangile le confirme que Jésus a pleinement été Dieu dans un corps humain. Tel est le sens de ce que nous appelons l’incarnation.

 

Pouvons-nous alors mieux comprendre ce que signifient pour l’Église, à quelques jours de distance les deux fêtes liturgiques du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, dimanche dernier, et du Sacré Cœur ce Vendredi ? Elles sont reliées par la conviction-source de la foi chrétienne : l’amour de Dieu pour le monde, totalement manifesté en l’homme Jésus, par ses paroles et ses actes et jusqu’au don ultime de sa vie. 

 

Jésus, en son corps, chair et son sang, en son cœur transparent de l’amour et de la miséricorde infinie de Dieu, a supprimé la distance entre l’inaccessible et les longues et ininterrompues recherches humaines. Il a donné corps à l’invisible, il a donné visage à l’incommunicable, il est venu nous libérer des entraves de la fatalité et du désespoir. Il  permis à la sainteté d’être une voie possible pour tout être au monde, aussi démuni soit-il en apparence, pourvu qu’il choisisse d’aimer.

 

Les termes de Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ou de Sacré Cœur, ne renvoient plus alors au seul langage d’une légitime piété chrétienne ou d’une spiritualité close sur elle-même, mais acquièrent une dimension dynamique, lumineuse et universelle. Car Celui que nous prions et adorons nous rappelle aussi qu’il nous a rendu notre dignité, que l’horizon est ouvert et que « tout être humain est une histoire sacrée »…