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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Courage pour la mission …

  

Une considération préliminaire. Ne nous considérons pas trop vite comme des martyrs en puissance.

Il est, hélas, arrivé trop souvent, qu’en des temps où le christianisme était majoritaire, des hommes d’Eglise et des puissants aient perdu le sens de leur mission et voulu utiliser la religion comme un instrument de domination sur les autres. Perversion radicale de la foi.

Dans les évangiles, un bon nombre de responsables « religieux » ont été les adversaires et les ennemis de Jésus jusqu’à vouloir sa mort. Au nom d’un intérêt supérieur et de l’idée qu’ils se faisaient de Dieu et de son honneur.

 

Les critiques sur l’institution –Eglise sont parfois très fortes, virulentes. Elles ne sont pas toutes infondées. Combien de fois « l’Inquisition » revient dans la bouche de personnalités publiques, journalistiques… Et il y aurait encore bien d’autres abus à dénoncer, peut-être même aujourd’hui… Pour un certain nombre d’«intellectuels », « Jésus philosophe » est toujours d’actualité. Il a quelque chose à dire aux hommes de notre temps, une parole forte, constructive voire vitale. C’est l’institution qui manquerait de crédibilité ou resterait potentiellement dangereuse. L’expérience historique, l’actualité du moment montrent à tous que les meilleures institutions politiques, publiques, les associations de solidarité les plus généreuses, peuvent être dévoyées de leur mission par la volonté de puissance, l’ambition personnelle, l’incurie de certains de leurs dirigeants et de leurs membres. Cela n’enlève rien à leur valeur intrinsèque. Les personnes ont à revenir toujours à l’intuition fondatrice, à se faire plus disponibles, à « servir » le plus fidèlement et gratuitement possible.

 

Sans cette « Institution » qu’il a lui-même fondée - (elle est son Corps animé par l’Esprit))-, en ayant bien conscience de la fragilité de ses membres, Jésus  serait aujourd’hui inconnu, son message oublié depuis longtemps, son action éteinte. Dans la force de l’Esprit, l’Eglise a donné beaucoup de fruits de vie tout au long de l’histoire. Elle en produit en ce moment, ici et ailleurs, dans et par la fidélité de nombre de ses enfants. Ce qui est bien et bon ne fait pas de bruit. On en vit et cela paraît tout à fait normal. Elle continue de rappeler à l’homme et de servir son éminente et inaliénable dignité de « fils de Dieu ». Elle lui apporte une espérance qui lui permet de vivre pleinement, de reconstruire sans perdre cœur un monde plus fraternel à partir de chaos dramatiques générés par une raison dévoyée.

N’oublions pas que le XXème siècle, sur presque tous les continents, a donné le plus grand nombre de martyrs chrétiens dans l’histoire. Ils sont déjà nombreux en ce début de millénaire !

 

Jésus  nous envoie aujourd’hui. Nous avons à  vivre et porter sa Bonne Nouvelle à tous les hommes.

Demandons - lui pour cela de nous donner :

- son regard  pour « voir » le monde sans juger et condamner mais « compatir »,

- son dynamisme pour « sortir », « aller » vers tous et d’abord ceux qui n’en peuvent plus,

- ses oreilles pour écouter  et permettre aux coeurs de se dire dans la vérité et la profondeur de leur attente,

- sa bouche pour dire aux hommes les appels et l’amour du Père.

- ses mains pour relever, guérir, signifier la réconciliation offerte,  l’amitié,

- son cœur pour accueillir et aimer jusqu’au bout de l’amour. Dans le respect total de la liberté de chacun.

 

Fils du Père qui veut pour tous ses enfants la surabondance de la Vie, de sa Vie, aujourd’hui et pour toujours, nous avons à construire la fraternité avec pour seuls moyens la vérité et l’amour. Il nous faut donc nous laisser saler par la parole et l’amour de Jésus, nous mettre d’abord à son écoute, et dans le silence intérieur lui permettre d’atteindre le plus intime de notre cœur. Cette parole, dans le feu de l ’Esprit, nous purifiera et nous construira sans cesse. Alors seulement nous pourrons « proclamer » les « Béatitudes » en commençant par les vivre nous-mêmes.

Elles ne seront pas toujours bien reçues. Le Dieu que nous annonçons,- dont la puissance se manifeste sur la croix dans l’amour qui se fait serviteur et passe dessous les « plus bas » pour tous nous relever, sera toujours «scandale » (pierre d’achoppement) pour beaucoup de croyants, folie pour les sages et les intelligents selon le monde. Il est l’Amour qui, seul, peut sauver l’humanité.

 

Ne craignons pas ! Risquons-nous à cette « folie » d’amour. La Vie l’emportera sur toutes les errances.

 

Abbé Jean Possompès