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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

18/ Désirer et vouloir le bien


Il n’y a dans  cette expression rien d’autre que l’intuition de ce qui devrait, en toutes circonstances, conduire notre vie.  Au-delà d’une pieuse exhortation, il s’agit au contraire d’un appel permanent à mobiliser en nous  les innombrables ressources de notre nature spirituelle.


Ce pourrait être le vœu le plus intense à formuler en ces premiers jours du nouvel an. Désirer et vouloir le bien n’est pas un idéal inaccessible, un rêve lénifiant qui nous  éloignerait des préoccupations  ou des difficultés quotidiennes. Il y a plutôt, dans cette  disposition  intérieure, comme un trait dominant de l’existence, fut-il souvent contrecarré par de nombreuses autres forces qui peuvent conduire à toutes les formes possibles de ce que nous appelons le mal.


 Désirer et vouloir. L’alliance des deux verbes est significative. Elle traduit le fait que nous n’en restons pas  à un  simple désir – déjà essentiel -mais qu’il suscite une volonté de mettre effectivement en œuvre le bien dont notre cœur a la clé et connaît l’endroit parfois secret. 


 Il y a, dans cette aspiration au bien, une trace pérenne de la dimension spirituelle de l’humanité. Même maladroitement ou insuffisamment exprimée, elle est présente. Que l’on parle de bien public,  de  bien commun, de bienfaisance, de bienveillance ou même de bienséance ou de bien-être, le mot est là pour qualifier, en toutes circonstances, ce qu’il y a et ce que l’on souhaite de meilleur. 


La  tradition chrétienne rappelle que Dieu est la seule source du bien, parce qu’il est amour et que la recherche du bien n’est qu’une conséquence de la force de l’amour. C’est le choix qu’on fait les saints, nous indiquant en cela une voie qui n’est pas réservée aux élites mais sur laquelle chacun, tel qu’il est, peut continuer d’avancer, quelles que soient par ailleurs ses fragilités ou ses faiblesses.


 Je me souviens de ces mots du grand philosophe russe Nicolas Berdiaev, qu’aimait citer l’un de mes maîtres : « La liberté ce n’est pas faire ce que l’on veut mais pouvoir faire ce que l’on doit vouloir…. ». Connaissant l’enracinement chrétien de ce philosophe, je n’hésite pas à dire avec lui : Etre libre, c’est pouvoir faire tout le bien que l’on désire et que l’on doit vouloir…..