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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris


39/ Drames et commémorations

 

Au moment où notre Pays commémorait l'armistice de la Grande Guerre de 1914-118, c'était aussi le rappel du drame qui venait de frapper les Philippines avec ce typhon dévastateur. Deux réalités apparemment sans rapport si l'on en reste aux chiffres des victimes et pourtant une même intensité de mémoire et d'actualité. Si les deux événements ne peuvent être dissociés, c'est bien parce que les images de ruines et de désolation, le massacre ou l'épouvante des populations civiles, bien qu'à des échelles différentes, traduisent la même impuissance face aux violences de la guerre ou aux déchaînements de la nature.

 

Certes la déclaration et les conséquences tragiques des guerres engagent notre responsabilité, mais celle-ci n'est-elle pas aussi fortement mobilisée dans le secours à porter aux centaines de milliers de personnes régulièrement touchées dans le monde par les ravages des vents violents et des séismes ? C'est ici que le souvenir et la convergence permanente de toutes nos forces morales sont étroitement mêlés.

 

Si nous osons dire "plus jamais la guerre" tout en sachant que la réalité s'oppose sans relâche à nos souhaits, nous savons que nous ne pourrons jamais dire "plus de catastrophes naturelles" car nous ne les éviterons pas. Certes, je connais, comme vous, les débats actuels autour des menaces qui pèsent sur l'équilibre climatique et, sur ce point aussi, notre responsabilité. Mais en attendant une prise de conscience planétaire suffisante, ce sont encore d'autres évènements dramatiques qui pourront se produire.

 

Alors, que faire ? Résister, résister à tout. La vie peut reprendre et se maintenir partout. Les lieux dévastés des Philippines ressemblent  à des villes bombardées. La guerre et les cataclysmes  continueront encore à faire des victimes. Notre devoir de mémoire, indispensable, est alors indissociable d'un défi permanent à toutes les forces de destruction et de mort.

 

Ne pas oublier. Ne rien oublier. Mais, face au chaos, aux destructions et à la peur, maintenir aussi l'espérance et notre aide à celles et ceux qui ont été et restent abattus par ces tragédies aux innombrables visages. Il n'y a pas de commémoration sans solidarité de chaque instant.