Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Publié par Doyenné Pau-Périphérie

 

      Laissez-vous réconcilier avec Dieu 

Alors que nous entrons dans le temps du Carême, les catéchumènes adultes nous rappellent ce que c’est qu’être chrétien.

De manière tout à fait inattendue, alors que souvent ils ont grandi dans un monde indifférent, où l’on vit comme si Dieu n’existait pas, voire hostile à la foi chrétienne, ils demandent le Baptême, qu’ils recevront au cours de la Vigile pascale.

Au terme d’un chemin propre à chacun, souvent lié à une quête spirituelle, ils ont rencontré le Christ et leur vie a basculé. Comme l’écrivait le pape Benoît XVI dans sa première encyclique : « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Benoît XVI).

Cette rencontre est tellement forte qu’elle transforme l’homme en profondeur, modifiant son rapport au corps, à l’amour, à la famille, au travail, au loisir, à la vie sociale.

C’est que Jésus n’est pas venu dans le monde pour faire un « monde meilleur »,  même si ses nombreuses interventions miraculeuses sur les éléments  – tempête apaisée, multiplication des pains – ou sur les corps – guérisons de toutes sortes de malades – pourraient nous le faire penser.

Mais Il est venu pour « faire un monde nouveau » (cf. Is 43, 19), mis par l’Écriture en relation directe avec le pardon des péchés, c’est-à dire avec la guérison du coeur. En ce sens, la guérison du paralytique de Capharnaüm est significative. Sans ménager leur peine, malgré l’obstacle d’une foule compacte pressée autour de Jésus tandis qu’il annonçait la Parole, des gens trouvent le moyen d’amener devant lui ce paralytique, gisant immobile sur son brancard. Contre toute attente, « Voyant leur foi, il dit au paralytique : “Mon enfant, tes péchés sont pardonnés” »(Mc 2, 5) : on eût aimé que Jésus manifestât une compassion plus lisible !

Pourtant, ni l’intéressé, ni les quatre porteurs ne s’en sont offusqué ; mais aux scribes qui murmuraient contre lui, Jésus rétorqua : « Qu’est-ce qui est le plus facile ? De dire au paralysé : “tes péchés sont pardonnés”, ou bien de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : “Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi” » (Mc 2, 9-11).

La guérison du corps atteste de la puissance de la parole de Jésus sur les âmes.

Le Carême est un temps privilégié pour approfondir la rencontre avec le Christ, « dans une inlassable recherche des biens spirituels ». L’écoute attentive de la Parole de Dieu, dont la fréquentation quotidienne nous révèle l’étonnante actualité, la participation aux sacrements, en particulier celui de la Pénitence et de la Réconciliation, où dans un dialogue personnel avec le prêtre, Jésus peut nous guérir de nos paralysies intérieures, nous permettront de faire toujours plus l’expérience de la puissance transformatrice de la rencontre avec le Christ mort et ressuscité. Transformés de l’intérieur, nous ouvrirons nos coeurs aux besoins de nos frères, pas seulement physiques, mais moraux et spirituels. Au-delà de nos efforts de solidarité avec les plus pauvres, nous manifesterons aussi notre sollicitude pour leur bien spirituel, sûrs que seule la rencontre avec Jésus peut vraiment guérir leur coeur, renouveler leur vie en profondeur et faire advenir un monde nouveau.

Aurons-nous une foi aussi entreprenante et visible que ces gens qui ne ménagèrent pas leur peine pour amener à Jésus le paralytique ? Il en va de notre témoignage, le témoignage de notre vie certes, c’est-à-dire de notre cohérence avec l’Évangile, mais aussi l’annonce claire et sans équivoque du Seigneur Jésus, sans laquelle le plus beau témoignage se révélerait à la longue impuissant. 

D’où l’importance de l’annonce du Kérygme, ainsi résumé par les premiers Apôtres : « Jésus est Seigneur ! », c’est-à-dire : « Dans ma vie, Jésus est vainqueur de la mort et du péché »

 

Mgr Aillet