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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 

39/ Enlèvements

 

A l'instant où est écrit ce billet, il y a encore sept français otages aux mains de leurs ravisseurs. Le dernier en date est le Père Georges Vandenbeusch dont on ne peut toujours pas savoir avec précision, de la part de ceux qui le détiennent,  même si l'on peut s'en douter, les raisons de leur acte et ce qu'ils comptent faire.

 

S'il ne peut y avoir de traitement médiatique de faveur pour un ministre du culte, en l'occurrence, un prêtre catholique, il n'est pas inutile de rappeler - car on les connait - les raisons qui l'ont poussé à demeurer avec son peuple. Cela malgré les avertissements officiels ou les exhortations à quitter le pays.

 

Ce que l'on sait du Père Georges confirme pourquoi il a librement et délibérément choisi de ne pas partir. C'est le cas de nombreux autres missionnaires dans le monde, pris dans des contextes de violence mais décidés à rester proches de celles et ceux dont ils se sentent responsables, spirituellement et humainement, quels qu'en soient les risques. A un certain niveau de conscience les logiques peuvent être inversées. Dans le cas présent, c'est évident. Il ne s'agit plus d'imprudence mais de solidarité de fond et de courage radical au nom de convictions spirituelles et pastorales qu'aucun danger, aussi fort soit-il, ne peut remettre en cause.

 

La vie des otages n'a pas de prix. Je comprends qu'il y ait des débats sans fin sur les négociations en vue de leur libération. Ils  sont au moins aussi importants que le discernement sur ce qui a pu conduire à leur enlèvement. Mais nous ne pouvons accepter que des hommes et des femmes innocents, la plupart du temps au service non seulement de leur pays d'origine mais également des populations auprès desquelles, à différents niveaux, ils sont en mission, soient réduits à des monnaies d'échange.

 

 

Ces enlèvements sont, de plus en plus, une nouvelle forme de conflit, plus subtile et d'autant moins prévisible ou contrôlable. Si l'on peut craindre, de la part des groupes auteurs de tels actes, des réactions irresponsables et fanatiques, notre volonté de les neutraliser et de protéger la vie des otages devient une exigence internationale, au même titre que tous les engagements en faveur de la paix.