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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 

60/ Finir ou commencer ?

 

Une petite semaine sépare deux naissances : celle de Jésus, célébrée par les chrétiens et celle de l’an nouveau, marquée d’innombrables façons sur tous les continents. Mais le paradoxe de cette semaine c’est qu’elle est la dernière de l’an écoulé et qu’elle ne peut éviter de susciter, au moment où nous allons franchir un nouveau seuil, un regard sur le passé. Une fin enclavée entre deux commencements….

 

Les bilans sont déjà prêts. Journaux, télés et radios peaufinent leurs statistiques, les photos de l’année, les phrases qui ont marqué, les événements à retenir. On semble étonnamment balancer entre constats et prévisions, entre regards lucides ou hésitants sur ce qui s’achève et regards inquiets ou confiants sur ce qui adviendra. Ces fins d’années concentrent un peu ce qu’est le déroulement de nos vies : un fragile équilibre entre ce qui se défait et ce qui se reconstruit en permanence.

 

C’est précisément là que la fin peut être éclairée par les deux commencements. Noël et le jour de l’an sont étrangement complices dans notre lancinant désir de ne jamais mettre un terme à cette volonté de vivre et d’avancer qui nous colle à la peau et au cœur.

 

Je pense au titre de ce beau choral de Jean-Sébastien Bach « La vieille année s’en est allée » dans lequel la mélodie, empreinte d’une certaine  nostalgie, résonne comme une mystérieuse alliance de réalisme et de paix. A chaque fin d’année, l’avenir semble se réduire devant nous. Il  n’est pourtant jamais aussi riche de promesses intérieures. La qualité d’une vie se mesure aussi à sa capacité de refléter l’infini, l’inexprimable, un peu comme dans ces jardins où l’on découvre d’un seul coup une fleur qui ne vit que quelques heures mais dont la vision nous fait basculer dans le monde sans limites qu’abrite notre cœur.

 

Je voudrais simplement nous encourager à ne pas vivre une fin, quelle qu’elle soit, sans espérance. Essayons d’éviter les bilans qui ne seraient que négatifs. Il y a toujours, dans ce que nous avons vécu, des richesses souvent enfouies par une mémoire lassée ou blessée. Dieu porte sur notre existence, quelles qu’en soient les épreuves ou les ruptures, un regard confiant jusqu’au bout. 

 

Il n’y a pas de fin sans commencement …