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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

 

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 

45/ Hommage

 

Avec la mort du Cardinal Carlo Maria Martini, non seulement  l’Église catholique a perdu une de ses figures emblématiques, mais une grande voix s’est éteinte qui – en dépit des légitimes débats voire oppositions qu’elle pouvait susciter – a pu faire entendre le message évangélique auprès de nombreuses générations de chrétiens ou d’incroyants, hors de tout clivage institutionnel et idéologique. Simplement au nom de sa responsabilité spirituelle et de son enracinement dans la Parole de Dieu.

 

Il est illusoire et pathétique d’enfermer le cardinal – comme le font allègrement certains – dans des catégories, inappropriées à cet esprit libre, telles que  réformiste, progressiste, ultralibéral, ou même antipape. Il fallait quand même l’écrire ! Une meilleure connaissance de l’histoire et de la spiritualité aurait permis à ces tireurs à vue de comprendre que la conversion à laquelle appelait de ses vœux l’éminent jésuite, conversion autant des personnes que de l’Eglise elle-même comme institution, ne relevait, de fait, que d’une tradition prophétique aussi ancienne et constante que l’Église elle-même.

 

Cet homme considérait la mission du christianisme dans le monde présent par le grand angle. Au dessus des conflits internes, des querelles de couloir ou de pouvoir qui affaiblissent davantage les disciples du Christ qu’ils ne les honorent. Oserai-je même dire – alors que bien des excès médiatiques tentent, là encore, de les opposer frontalement – que malgré leurs visions différentes de la politique institutionnelle ou de la gestion des crises, Ratzinger et Martini, Benoît XVI et le Cardinal s’estimaient, comme peuvent le faire, à partir d’un certain niveau de responsabilité, ceux qui ont compris qu’en dépit de leurs confrontations, c’est l’horizon perçu ensemble qui compte.

 

Le Pape  a rappelé la « grande ouverture d’âme » de celui qui ne refusait « jamais la rencontre et le dialogue avec tous, attentif à toutes les situations, spécialement les plus difficiles, proche, avec amour, de ceux qui étaient dans le désarroi, la pauvreté, la souffrance ».

 

S’il n’est pas donné à tout le monde de le vivre, peut-on reprocher à  quelques uns d’aller jusqu’au bout ? Cela méritait bien un hommage !