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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

23/ L’indifférence

 

Un homme est mort de froid à quelques pas de notre porte sans que personne ne s’en rende compte. Il fait, hélas, partie de ces terribles statistiques qui pèsent bien peu en regard de nos préoccupations quotidiennes. L’un des maux les plus graves et les plus subtils de notre société n’est-il pas l’indifférence ?

 

L’indifférence dont il faut oser parler, même si nous sommes gênés de constater à quel point elle nous habite de tant de façons possibles, en bien des circonstances de notre vie personnelle et sociale. L’indifférence à l’origine de tant de drames. L’indifférence qui tue, même lorsque nous avons rangé nos armes. L’indifférence qui est une insulte à toutes les formes de vie.

 

Le sens commun nous dit que l’indifférence est l’état de celui qui est détaché de tout, personnes et choses, qui n’éprouve ni plaisir ni douleur ni crainte ni désir, celui pour qui le monde finit par être sans intérêt, sans importance. Il est rare d’être totalement indifférent à tout. Mais le plus grave, c’est d’être indifférent lorsque quelqu’un peut avoir besoin de notre aide, de notre attention, de notre présence, lorsqu’une situation, pour se dénouer, nécessite notre effort, notre investissement personnel, notre disponibilité. Si nous fermons alors notre porte, ce peut être l’échec ou la désillusion. Les événements s’en remettent toujours, mais pas les personnes qui peuvent être blessées à vie, lorsqu’elles ne sont pas moralement détruites.

 

Luttons contre l’indifférence. Elle est un véritable fléau.  Nous cherchons bien souvent ailleurs les signes du progrès social. N’y a-t-il pas, sur ce point précis, à raviver notre conscience ? Tant d’hommes et de femmes ne rencontrent souvent qu’ingratitude, désintérêt ou mépris silencieux, conduisant à cet insupportable isolement qui est une insulte à la dignité humaine.

 

Me reviennent en mémoire ces paroles d’une chanson de Gilbert Bécaud : « Ce qui détruit le monde c’est l’indifférence. Elle te tue à petit feu, l’indifférence. Tu es l’agneau elle est le loup, l’indifférence… »

 

Mais je pense aussi, bien sûr, à ces multiples récits de l’Évangile où Jésus prit la main de tant de celles et ceux qui n’existaient plus pour personne, sauf pour lui… 

 

Ne soyons pas indifférents…