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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

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Cette dernière encyclique datée du 29 juin 2009 est un écho à la lettre de saint Paul aux Corinthiens. L’apôtre des gentils y affirme que la  la charité est la plus grande des vertus. Cette encyclique se résume en deux questions : Notre charité est-elle vraie, concrète, et non pas seulement un amour de parole ? S'enracine-t-elle dans la vérité de l'homme et du monde ? Elle prolonge Deus Caritas Est pour un regard très concret dans un contexte mondial troublé.
En intellectuel brillant, le Pape a voulu affirmer dans Caritatis in Veritate  le lien étroit entre l’intelligence et la charité, en donnant des critères précis pour réfléchir une pratique de cette vertu théologale. Benoît XVI considère toute la place de la raison et ne conçoit pas une charité sans intelligence « Le faire sans le savoir est aveugle, et le savoir sans amour est stérile » (n° 30). Attentif à la crise économique mondiale qui à cette époque montrait ses premiers signes, Benoît XVI envisage la charité à partir  de la question de la Doctrine Sociale.

« La charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l'Église, écrit Benoît XVI. Toute responsabilité et tout engagement définis par cette doctrine sont imprégnés de l'amour qui, selon l'enseignement du Christ, est la synthèse de toute la Loi (cf. Mt 22, 36-40). L'amour donne une substance authentique à la relation personnelle avec Dieu et avec le prochain. Il est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais également des macro-relations : rapports sociaux, économiques, politiques » (N° 2). 
Benoît XVI aborde les sujets du bien commun, (N°46) , de l’éthique environnementale (N°48). L’approche de la question écologique pour le pape ne peut se faire sans une étroite correspondance avec une écologie de l’homme : « Si le droit à la vie et à la mort naturelle n'est pas respecté, si la conception, la gestation et la naissance de l'homme sont rendues artificielles, si des embryons humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d'écologie humaine et, avec lui, celui d'écologie environnementale. Exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand l'éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. Le livre de la nature est unique et indivisible, qu'il s'agisse de l'environnement comme de la vie, de la sexualité, du mariage, de la famille, des relations sociales, en un mot du développement humain intégral. » (n° 51).

En ouvrant une année entière consacrée à la foi, Benoît XVI boucle son projet d’appel à un retour à l’essentiel. Va-t-il laisser à l’Eglise une quatrième encyclique sur la foi ? Cette année ne serait-il pas plutôt une invitation à retrouver le source d’une relation à Dieu ? Le pape Benoit XVI aura été un pape prenant à bras le corps les dysfonctionnements de l'appareil "Eglise", courageusement. L'annonce de son renoncement à quelques jours du carême est une signature, celle de sa démarche, celle de son appel, celle de son combat  "La conversion  sincère !"

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