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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Une foule, sans doute pas celle qui demanda la mort de Jésus, celle des « Pauvres de Dieu » qui avait reconnu en Jésus celui en qui se réaliserait les promesses de Dieu, l’accueille dans la jubilation à l’une des portes de Jérusalem, lui fait allégeance. Pour elle, Jésus est le « Roi » venu apporter la paix,  réconcilier, rassembler dans l’unité le Peuple divisé, instaurer le droit et la justice, être le « défenseur de  la veuve et de l’orphelin »… Pouvait-elle vraiment se douter de la façon dont Jésus recevrait et accomplirait cette charge ? Sans doute, le roi, serviteur du peuple qui lui est confié, doit-il risquer, voire donner sa vie pour le bien de tous. Mais qui pouvait penser que cela s’accomplirait selon l’annonce du Prophète Isaïe à propos du « Serviteur de Dieu » ?

Présents à cette « Fête des Rameaux », nous la vivons comme notre engagement sans cesse renouvelé de suivre Jésus sur la route qu’il nous ouvre. Participants depuis notre baptême et notre confirmation à sa « fonction  royale », nous sommes appelés à être avec lui serviteurs de la vie en nos frères.

 

Jésus « s’est laissé instruire » par l’amour de son Père qui est Don total de soi. Le Père lui donne alors « le langage » qui lui permettra de « savoir  réconforter ceux qui n’en peuvent plus ». Le Père ne peut qu’offrir son amour, dans le respect absolu de ceux qu’Il appelle à la Vie. L’amour est sa seule force. Jésus sera donc le témoin et l’ « acteur », celui qui met en œuvre, jusqu’au bout, l’amour de son Père pour l’humanité.

St Paul reprend en quelques mots, et avec quelle force, l’itinéraire de vie de Jésus : il « ne garde pas pour lui ses prérogatives divines », il « se dépouille », se fait « serviteur », « s’abaisse, en se faisant obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la croix », la plus infamante. Obéissant, c'est-à-dire vivant jusqu’au bout les exigences du véritable amour. Il passe au-dessous de tous les hommes, pour les rechercher et les ramener tous, pour qu’aucun ne se perde mais puisse passer vers la plénitude de vie que le Père veut  lui communiquer.

 

Combien de fois St Paul a- t’il médité, contemplé la Passion de Jésus ! Il ne voulait connaître que Jésus et Jésus crucifié. « Le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous il est puissance de Dieu… sagesse de Dieu ».

Jésus, « le Fils du Dieu béni », qu’il reconnaît être à  la question du grand-prêtre, se présente comme « Le Fils de l’homme », parfaitement solidaire de l’humanité pour l’introduire totalement dans l’intimité et la vie du Père.

Avec quelle simplicité, il confie à ses amis « la frayeur et l’angoisse qu’il ressent » devant le déferlement d’injustice, de violence et de haine qu’il va subir de la part de ceux-là pour qui il est venu et qu’il veut aussi sauver. Avec quelle vérité d’amitié, il leur demande de « demeurer et veiller » avec lui pour le soutenir, lui dont la vie donnée nous soutient tous et nous permet de « tenir » à notre tour avec et comme lui. Confiance et abandon total au Père  pour accomplir sa volonté: « Abba, Père… non ce que je veux mais ce que tu veux ! »

 

Son ultime cri sur la croix : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » …est appel au Père dont le « silence » est si étonnant et pesant. Mais surtout le commencement d’une prière qui s’achève dans une prodigieuse confiance et action de grâces en la fidélité de Dieu qui n’abandonne pas son enfant. Jésus, le « Serviteur » et  Grand Priant »  unit à lui, reprend et accomplit l’engagement, les souffrances et la mort de tant d’hommes et de femmes qui, librement, ont risqué et donné leur vie tout au long de l’histoire pour que les plus petits, les plus humbles, puissent se voir rendue leur dignité d’hommes à l’image et à la ressemblance de Dieu. Jésus les entraîne les premiers dans sa victoire sur le mal et la mort. La réponse du Père se donnera aux premières lueurs du premier jour de la semaine, après le repos du grand sabbat et la célébration de la Pâque, dans la Résurrection du Fils

Jésus est entré dans sa passion en toute connaissance et en toute liberté. Cette liberté,  il la manifeste jusqu’au bout dans une prodigieuse maîtrise de soi. Le don de lui-même était déjà accompli au cours du repas où il fit du pain et du vin partagés l’annonce et la réalité de « son corps livré et de son sang, sang de l’Alliance versé pour tous les hommes ». Ce don est pour nous, aujourd’hui, pour chaque jour, qui nous fait « un » avec Lui.

.C’est un païen, le centurion romain de service au pied de la croix qui découvre, et proclame  le premier que celui qui meurt sur le gibet d’infamie est « vraiment, le Fils de Dieu ».

 

Etonnant récit de la Passion qui nous introduit dans la découverte jamais achevée de la « démesure », de la « folie » de l’amour de Dieu manifesté en Jésus pour l’humanité. Démesure annoncée, prophétisée par cette femme qui répand sur la tête de Jésus un parfum « très pur et de grande valeur  » selon les témoins de la scène. Il coûtait  le prix d’une pleine année de travail ! Reconnaissance par cette femme que Jésus est le cadeau sans prix que le Père nous offre pour notre vie. Jésus, celui qui a choisi de se faire le plus pauvre parmi les pauvres, qui a accepté que tout lui soit pris : son honneur, sa réputation… sa vie, pour nous enrichir de sa vie de Fils de Dieu..

Avez-vous noté que, dans ce récit, au commencement et au terme, ce sont les femmes qui expriment de  « l’humanité » par leur présence silencieuse et la proximité de leur cœur avec le cœur du Christ ?

Elles sont les « témoins », les « veilleurs » de notre humanité pour accueillir la folle tendresse de Dieu, le don qu’Il nous fait de Lui-même pour que Sa Vie soit notre Vie. Pour une Alliance -  Communion éternelle d’amour.