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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Chaque mercredi, un nouveau billet.

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris


54/ Le visage de Jésus

 

En écrivant ce billet, je contemple une œuvre d’Arcabas  représentant le visage de Jésus, et je pense que seul notre lien concret et permanent à lui  nous permet, en restant crédibles, d’annoncer aujourd’hui  l’Évangile au monde.  

 

Il peut se faire – et c’est  regrettable – que, soucieux des équilibres institutionnels ou de la rectitude de la foi chrétienne, nous soyons moins sensibles à cette proximité de la source et à ce que nous transmettent, dans leur différence et leur complémentarité, les quatre évangiles : l’amitié et la confiance entre Jésus et ses disciples. Dans notre pratique quotidienne, la divinité de Jésus aurait-elle absorbé son humanité ? Ce fut et cela reste encore une hérésie que de l’affirmer.

 

Tout en reconnaissant les perspectives et les conséquences fulgurantes et universelles de la Résurrection, j’aime relire, chez Marc, Luc, Matthieu ou Jean, ces récits de rencontre entre Jésus et les hommes et femmes de son peuple, toutes catégories confondues. Ces contacts parfois inattendus, ces regards, ces mains tendues, ces paroles qui redressent, qui rendent la vie, ces actes concrets d’amour qui vous font comprendre d’un coup que tout peut renaître malgré les violences, les mépris, les exclusions et les haines qui abattent quiconque en un rien de temps.

 

Car Jésus c’est aussi cela… Et comment oublier ses paroles lors du lavement des pieds rapporté par saint Jean : « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi » ? (Jn 13,15). Cette exhortation devrait, en permanence, structurer notre foi.

 

Si vous voulez en savoir davantage, je vous conseille de lire le beau livre du Père René Coste intitulé « L’amitié avec Jésus »,  paru  cette année aux éditions du Cerf. Sans minimiser en rien la divinité du Christ, René Coste donne accès, en théologien et en homme de cœur, à cette humanité de Jésus qui nous rend si proches de lui, tout en éclairant, de façon crédible, la longue et ininterrompue recherche de Dieu.     

 

« Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis » (Jn 15,15). N’est-ce pas ce que de nombreux artistes – je songe au Greco au Caravage, à Rembrandt mais aussi à bien d’autres – ont essayé de traduire, en nous livrant de multiples mais émouvants visages de Jésus ?