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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

48/ Les deux Thérèse…

 

A quinze jours d’intervalle l’Église catholique célèbre deux grandes saintes du Carmel ayant, de plus, le même nom à la sonorité douce et ouverte : Thérèse. Bien qu’elles soient l’une et l’autre des figures exceptionnelles de la mystique chrétienne, une étonnante tradition appelle la première « la petite Thérèse », c’est Thérèse de Lisieux, ou Thérèse de l’enfant Jésus. La seconde est Thérèse d’Avila, ou Thérèse de Jésus.

 

Thérèse la castillane, à la personnalité complexe et puissante, semble opposée sur bien des points à sa lointaine sœur normande. Thérèse de Lisieux, il est vrai, nous est plus familière. Sa vie et sa jeunesse, l’aspect à la fois douloureux et confiant de sa destinée, la simplicité de sa foi, la spontanéité de ses écrits nous la rendent attachante. Combien de croyants se sont tournés vers elle, implorant son aide !

 

L’étude sérieuse de ses écrits révèle, de plus, une authentique et profonde intelligence du mystère de Dieu, une véritable mystique, dans l’alliance du cœur et de la vie spirituelle. Thérèse est un guide, dont le message est simple : Jésus est le tout proche et nous manifeste l’amour incommensurable de Dieu pour le monde.

 

Thérèse d’Avila porte en elle la fougue et la détermination qui forgèrent les pionniers et les grands navigateurs espagnols. Réformatrice et écrivain de talent, femme au langage ferme et au caractère entier, elle rappelle, par bien des aspects quelques prophètes bien trempés de la Bible. Elle est à la fois contemplative et femme d’action.

 

Mais ce qui apparaît lorsqu’on prend le temps de déchiffrer et d’observer ces deux personnalités apparemment si différentes, c’est la grande unité de leur expression. Les deux Thérèse sont indispensables l’une à l’autre comme le sont le nord et le midi, les deux mains d’un même corps, les deux yeux d’un même regard…

 

Leur pensée est déjà officiellement reconnue puisqu’elles sont Docteurs de l’Église, c'est-à-dire considérées à la fois comme modèle spirituel et doctrinal.

 

Elles ont la même passion dévorante de Dieu et de l’humanité. Et dans l’excès même de leur don ou de leurs paroles, elles nous appellent à fuir toute médiocrité et à devenir, par amour, serviteurs du monde.