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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

Chaque mercredi, un nouveau billet.

photo mgr DupleixMgr André Dupleix
Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 

20/ Les racines du mal

 

L'enlèvement des lycéennes nigériennes et les propos de Boko Haram qui ont suivi ont suscité de légitimes réactions tant parmi les populations que dans les milieux politiques, bien au-delà de nos frontières. Faut-il toujours attendre que le mal soit fait, sous ses différentes formes, pour s'attaquer à ses racines ? Et cela d'autant plus que  bien des événements tragiques - et les enlèvements en font souvent partie - ne sont, dans leur singularité, que l'émergence imprévisible de profonds déséquilibres de nos sociétés.

 

Les sectes ou les mouvements insurrectionnels dont relève davantage Boko Haram, n'imposent d'autant mieux leur intolérance, leur conservatisme aveugle et leur logique folle et destructrice que parce que nous ne parvenons pas à réguler ou à maitriser les grands axes de notre développement, dans un contexte de changements sans précédent, accentués par leur dimension mondiale.

 

Les racines du mal sont plus profondes qu'il n'y paraît. Et  toutes nos institutions sont touchées ou menacées de l'être. Cela n'exclut pas, devant la brutalité de certains événements, la nécessité de réactions ou d'interventions ciblées, mais tout en sachant que les problèmes de fond ne seront pas supprimés pour autant. Il peut même se faire que dans la difficulté à désigner les véritables failles d'un système, on fasse porter à certains, individus ou groupes, la seule responsabilité de faits, certes condamnables en soi mais dus à un dysfonctionnement d'ensemble, dont bénéficient toujours ceux qui cherchent à imposer leur vision ou leur stratégie.

 

Alors, comment attaquer le mal à sa racine, ou du moins à ce qui peut en être le terrain favorable ? D'abord, en ne sous-estimant jamais la diversité des aspects non seulement idéologiques mais aussi culturels et économiques  des milieux ou des contextes auxquels sont liés ceux qui sont conduits à poser des actes de violence ou de simples transgressions mais aux larges  répercussions sociales. Ensuite, en ne minimisant pas notre responsabilité, personnelle et collective, car nous sommes exposés, en dépit des apparences, aux mêmes risques ou dérives.

 

 

Face aux provocations du mal : discernement, résistance et confiance.