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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

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Mgr André Dupleix  

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse

Délégué épiscopal à la formation des laIcs

Tel : 05 59 06 54 93

Courriel : a.dupleix@free.fr

 

06/ Ne jamais oublier

 

Nous ne sommes plus à quelques jours près pour évoquer la commémoration de la libération du tragique camps d'Auschwitz-Birkenau par l'armée rouge le 27 janvier 1945. Soixante-dix ans après, qu'en est-il dans notre mémoire et dans notre vie présente ? Car il ne suffit pas de se rappeler l'horreur de ces événements mais de se demander si nous ne vivons pas dans un monde capable de renouveler ces actes et ces entreprises d'inhumanité et de cruauté.

 

Ce qui m'a le plus frappé dans les différents reportages et interventions d'historiens, c'est le fait que dès la fin de la première guerre mondiale, et jusqu'aux années trente où a vraiment commencé en Allemagne la traque systématique des juifs, personne n'a soupçonné que se mettait en place la terrible machine d'exclusion, de tuerie et d'extermination dont nous n'avons été conscients - et encore pas tous - qu'après 1940. Aveuglement ? Silences complices ? Intérêts politiques ? Qui pourra jamais le dire ?

 

Les esprits subtils - ou du moins ceux qui pensent l'être - rétorquerons volontiers que l'on pouvait difficilement penser ce qui n'avait jamais encore existé dans l'histoire à une telle échelle. J'ai noté ces mots d'un témoin de ces événements, traduisant un visible embarras : " "Je le savais, mais comme je ne pouvais par le croire, je ne savais pas...". Fort heureusement les traces sont là et les faits sont devenus incontestables. Seuls encore quelques négationnistes qui font honte à l'histoire peuvent atténuer ou nier la tragédie vécue par le peuple juif.

 

Alors, qu'en est-il aujourd'hui ? Comment la communauté internationale, qui n'a rien fait pour stopper ce fléau dont pourtant plusieurs hauts responsables étaient - on le sait désormais - progressivement informés, peut-elle empêcher de telles exactions, quitte à pratiquer un radical droit d'ingérence ?

 

 

Mais la question se pose aussi chez nous à tous les niveaux d'éducation et de formation. Dans une société marquée par un développement de la violence, n'y a-t-il pas à provoquer,   en prenant en compte les leçons de l'histoire, une véritable réflexion sur la dignité et les droits des personnes et sur la priorité de la paix dans le développement des peuples et des nations ?