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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris


46/ Quel mariage ?

 

J’ai hésité à apporter ma contribution à un débat largement ouvert sur le projet gouvernemental de législation du mariage entre personnes homosexuelles. Si je le fais c’est en mon âme et conscience et en essayant d’aborder cette délicate question par le grand angle que permet la tradition chrétienne bimillénaire dont je me réclame.

 

Pour aussi respectueux que je sois, comme citoyen, des lois de la république, je suis opposé à toute décision qui viserait à qualifier de mariage l’union entre deux personnes du même sexe. Qu’un lien très fort, qu’un amour et que le désir de vivre ensemble soient possible dans ce cas, nul ne peut en douter.   

 

Mais n’y a-t-il pas à chercher – ce qui est juridiquement en partie déjà fait – d’autres solutions que celle d’utiliser le terme de mariage ? Le mariage, d’usage immémorial et toutes civilisations ou cultures confondues ne peut que qualifier l’union d’un homme et d’une femme.  Sur ce plan également la tradition biblique et chrétienne est unanime. Aucun historien ne pourra le démentir.

 

Prétendons-nous, en envisageant une telle possibilité, permettre un tel changement social qu’il remette en cause ce que je considère comme un fondement anthropologique et spirituel de l’humanité ? Le christianisme résiste à ce risque éthique majeur, au nom de sa conception et de sa vision de la sexualité. S’il a pu sembler en avoir au cours de l’histoire une perspective dévalorisante, celle-ci n’est pas conforme, de fait, au cœur du message évangélique et à ce que de Dieu a révélé de son amour au monde et aux êtres humains créés par lui.

 

Le débat engagé est trop sérieux pour être interrompu par une loi sans qu’il soit tenu compte de l’avis présent des grandes traditions religieuses et d’experts, toutes sensibilités et cultures confondues. L’hypothèse d’une consultation des citoyens n’est pas non plus à exclure.     

 

Pour l’heure, à nous de dire, sereinement et en évitant des propos excessifs, quelles sont les bases, théologiques et anthropologiques – les deux sont liés – sur lesquelles les chrétiens fondent leurs paroles et leurs choix. On ne pourra nous reprocher d’être sincères et vrais, dans un total respect des personnes et avec la volonté positive de contribuer au bien et à l’équilibre de notre société.