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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 

 

34/ Quelques problèmes pour César...


Sans se focaliser sur les événements récents, il est tout de même possible de se demander pourquoi tant de nos concitoyens, tous bords confondus, semblent quelque peu déconcertés, voire  désabusés, devant les nombreuses divisions internes, les stratégies paralysantes ou les oppositions frontales qui marquent actuellement la vie politique.

 

Ce n'est pas que nos élus ou responsables au plus haut niveau aient perdu toute crédibilité - n'exagérons rien - mais un décalage s'accentue entre les débats publics et les situations concrètes d'un bon nombre de français touchés, souvent rudement, dans leur vie quotidienne, leur sécurité ou leur espoir de vivre autre chose que l'échec ou la stérilité de  leurs efforts.

 

Personne ni aucun parti n'a, à lui seul, la solution surtout lorsque nous constatons la dimension transversale des problèmes et des compétences pour essayer de les résoudre. Je ne conteste ni la lucidité ni la volonté de bien des responsables politiques pour risquer des propositions, fussent-elles innovantes, qui permettent d'affronter la complexité croissante des situations. Mais cette volonté aurait tout à gagner si les conflits de personnes ou les suspicions systématiques pouvaient être sacrifiés en vue du  bien commun. Je suis sûr en conscience, et ce n'est point naïveté, que la chose est possible.      

 

Un chapitre entier de la Constitution du Concile Vatican II sur "l'Église dans le monde de ce temps" est consacré à "la vie de la communauté politique". Et ce n'est pas rien. Il y est parfaitement reconnu l'importance et le rôle de la communauté politique et de l'autorité publique, mais il y est également affirmé : "Quand aux partis politiques, ils ont le devoir de promouvoir ce qui, à leur jugement, est exigé par le bien commun; mais il ne leur est jamais permis de préférer à celui-ci leur intérêt propre" (GS 75). 

 

 

J'entends quelques voix se demandant ce qui m'a pris de faire un tel billet. Je connais certes la phrase nette de l'Évangile : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" (Mt 22,21) et j'y adhère totalement. Mais je ne puis m'empêcher de penser, ces jours-ci, que si Dieu ne fait certes pas l'unanimité, César pose quand même quelques problèmes...