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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris


13/ Sainte semaine

 

Avec la prochaine célébration des Rameaux, commence l’ultime semaine du Carême, dernière étape vers la fête de Pâques. Que signifient ces heures qui ont toujours compté parmi les plus intenses dans la vie et la liturgie de l’Église ?

 

Elles viennent, au milieu des événements qui poursuivent leur course, nous rappeler que si notre vie est, elle aussi, indissociable de la croix, celle-ci,  bien loin d’être un signe de peur ou de résignation, est  une paradoxale manifestation de l’amour, franchissant et dominant toutes les ruptures. Je retiendrai trois grandes leçons de la Semaine Sainte.

 

La passion et la mort de Jésus ne sont pas un temps de défaite. Apparemment, c’est la  haine qui triomphe. Pourtant, il n’en est rien. Jésus donne sa vie par amour. On ne lui retire pas. Il  avance dans la liberté de sa décision. Mystère du Jeudi-Saint : « Ceci est mon corps livré pour vous… Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi… »

 

Notre souffrance et  notre mort humaine ne sont pas un point final. En apparence, la croix est un lieu de solitude et d’écartèlement. Pensons au terrible isolement de tous les malades, des condamnés, des suppliciés, de ceux qui touchent le fond de l’horreur. Nous affirmons que Dieu est avec eux, comme eux. En cet instant, rien ne s’effondre, rien ne s’arrête. La mort est vaincue à l’instant où elle semble briser nos existences. Mystère du Vendredi-Saint.

 

Au creux de chaque épreuve, une lueur ne cesse d’annoncer l’aube de la résurrection. La vie donnée par Dieu est plus forte que tout. Sa fidélité traverse tout et  nous conduit vers la lumière. Nous sommes des temples de l’absolu, même lorsque nos colonnes sont brisées. Même sur un lit d’hôpital ou dans l’obscurité glaciale d’une prison. Nous sommes des images intactes du Créateur. Prêts à renaître au premier souffle venu. Mystère de la Vigile pascale : «Mort, où est ta victoire ? »

 

En ces jours, l’Église de Jésus-Christ ne surplombe pas le monde, elle lui est irréductiblement intérieure. C’est déjà le message que nous délivre, dans la liberté et la spontanéité de ses paroles et de ses gestes, le Pape François.

 

Puissions-nous vivre les heures de cette sainte semaine comme un temps de résistance et d’espérance.