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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

21/ Translation

 

J’ai aimé le récent ouvrage de Maurice Bellet, «Translation ». Il suppose certes une lecture soutenue, mais qui mérite vraiment d’aller jusqu’au terme… Il est difficile de résumer le trajet que nous fait faire cette réflexion dont le titre, en sa brièveté, nous donne déjà un aperçu. Car il y a bien un trajet, un déplacement, un transfert - tous les sens du mot translation - avec la précision que nous transportons quelque chose. Mais quoi donc ?

 

Les mots se succèdent, dans notre bouche, dans les médias, qui traduisent le même constat, sur le plan individuel, social et planétaire : le changement. Qu’on l’appelle mutation, transformation, franchissement, traversée, seuil, et j’en passe… la crainte, et pour beaucoup l’angoisse, est que nous soyons poussés, emportés vers l’ailleurs en étant vidés de nous-mêmes.

 

Pourtant quelque chose résiste en nous que rien ni personne ne peut arracher ou verrouiller. Mais quoi donc ? Notre désir de vivre et d’aimer, notre passion de l’absolu, notre goût de l’illimité, les battements de notre cœur, là où Dieu nous parle, à l’instant où il fait le passage avec nous.

 

Et si le vieil Evangile, que nous enfouissons souvent sous des gravats de

préjugés, apparaissait d’un coup dans sa jeunesse et sa nouveauté permanente comme un révélateur de ce qu’il y a en nous de plus stable ? Comme une Parole libre et ininterrompue, réfractaire à toute récupération ou systématisation… Cette Parole de Jésus n’est-elle pas le trésor dans des vases d’argile dont nous parle saint Paul ? Mais un trésor donnant à l’argile une résistance infinie…

 

Voilà ce que nous transportons et qui tient bon, lors de toutes les traversées possibles, ce qui permet de franchir opacités, obstacles et illusions, pour aborder toute nouvelle rive, pour aller à la découverte et à la rencontre de l’autre.     

    

La foi n’est pas un échafaudage mais une source et un souffle. « Chacun de nous est le Christ, par ce souffle en lui, capable de porter semence en tous les champs de l’univers. Chacun de  nous est Dieu, non par la folie de l’emprise, mais par ce qui en lui est plus lui-même que lui-même, la présence qui ne l’abandonnera jamais » (M.Bellet).