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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

TROIS JOURS POUR UN MONDE NOUVEAU…

 

Construction de l’Europe, mondialisation crise économique, violences endémiques…,Pour que l’homme ne soit pas écrasé par des structures toujours plus prégnantes, pour que ne s’épuise pas sa vie en vaines quêtes, pour qu’advienne un avenir de paix véritable, il nous faut accueillir un souffle nouveau.

 

Chrétiens, nous allons vivre trois jours décisifs. Coeur de l‘histoire de l’humanité, ils introduisent dans une nouveauté que nous n’aurons jamais fini d’épuiser. Ils communiquent une énergie capable de tout relever. Levain puissant dans une pâte lourde, sel qui rend savoureuse une existence souvent amère pour tant de pauvres autour de nous.

 

Jeudi-Saint. Jésus lave les pieds de ses disciples. Le geste du plus humble service, réservé  au dernier des esclaves. Dieu, par amour, aux pieds de l’homme, Serviteur de l’homme. Pourquoi  avoir peur de Lui ? Son invitation à servir autrui comme Lui nous effraierait-elle ?

A ses amis qui se disputent pour savoir lequel, parmi eux, est le plus grand, Jésus rappelle : « Je ne suis pas venu pour être servi mais servir et donner ma vie pour le salut de tous ».

Ou encore : « Le plus grand parmi vous se fera le serviteur de tous ».

La force au service de ce qui est faible. Et la faiblesse qui donne à la force de pouvoir se donner pour construire !

Jésus se fait pain rompu, vie donnée pour chacun et pour tous, pour notre faim de vie, de dignité, de justice, d’amour. Il nous invite à « faire mémoire » de ce don en devenant à notre tour, avec et comme Lui, du pain nourrissant pour les hommes d’aujourd’hui.

 

Vendredi-Saint. Pendu au gibet d’infamie, l’Innocent défiguré dénonce la folie meurtrière de toutes les formes de volonté de puissance religieuses, politiques, de l’orgueil et de l’égoïsme.

Il nous appelle à rendre visage humain à ceux que broient la violence calculée ou aveugle, le mépris ou l’indifférence.

Témoin jusqu’au sang versé, et le sien seulement, que Dieu est Père dont la seule volonté est de nous offrir la Vie en surabondance, que nous sommes tous frères, que la vérité de notre vocation est l’amour, service de la vie jusqu’à risquer et donner la sienne, Jésus meurt en pardonnant. Il change le sens de la mort. Du fruit empoisonné de la rupture du lien filial et fraternel, il fait l’expression de l’amour le plus vrai, de la relation la plus forte.

 

Samedi-Saint. Jour de silence. Silence non pas du vide ou du néant. Mais celui qui protège le secret des germinations jubilatoires. Le grain tombé dans le sillon libère aux entrailles de la terre ce qui deviendra l’épi superbe.

Jésus, passé au plus bas par solidarité d’amour, conduit à la source inépuisable de la Vie le vieil Adam et la première Eve, toutes celles et ceux qui attendaient d’entrer enfin dans la pleine lumière de l’amour restauré et dévoilé pour toujours dans sa magnificence.

 

Jour de Pâques. Avant que ne pointe l’aurore, Celui que l’on avait déposé dans le tombeau après qu’il ait donné sa vie par amour, est entré dans la liberté parfaite. Celle de l’Amour infini qui invente, recrée, vivifie tous ceux qui l’accueillent et se risquent au don de soi jusqu’au bout pour que l’autre vive… Le corps lui-même qui, par et dans son écartèlement consenti, criait l’Amour, est devenu Beauté parfaite. Promesse pour l’univers.

 

Jésus Vivant et Vivifiant nous ouvre un chemin de Vie, le seul nouveau. Il est le Chemin et la Vie. Notre Pâque, Passage vers un avenir inédit qui surprendra même nos rêves les plus fous.