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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

photo mgr Dupleix Mgr André Dupleix

Recteur honoraire de l'I.C. de Toulouse
Professeur à l'Institut Catholique de Paris

 


40/ Un moment d’histoire

 

C’est bien ce qui a été vécu à l’occasion du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II. Certains pourront juger anodin, voire décalé, de consacrer ce billet à un tel évènement. Je pense au contraire  que ce qui a été largement médiatisé dans le monde entier mérite quelques instants de réflexion.  

 

Certes, la ferveur populaire était au rendez-vous, correspondant bien aux quatre-vingt cinq pour cent des britanniques soutenant leur monarchie. Mais au-delà de ces manifestations ponctuelles que bien des États peuvent connaître, fût-ce dans de moindres proportions, il y avait là un signe fort de stabilité institutionnelle, articulée à un régime parlementaire intégrant une réelle diversité politique.

 

Alors que tant de régimes ou de pouvoirs sont emportés comme fétu de paille, n’y a-t-il pas à reconnaître que d’autres donnent, à leur manière, des exemples d’unité nationale et de patriotisme, n’excluant ni crises ni oppositions, tout en étant appuyés sur des traditions solides et respectueuses des valeurs humanistes et spirituelles.

 

Lorsqu’on sait quelque peu la façon dont fonctionnent non seulement la monarchie britannique mais également la reine Elizabeth et ses conseillers, force est de reconnaître qu’aucun chef d’Etat actuellement en charge n’a accumulé une telle expérience des relations internationales. Cette femme, qui aura connu la deuxième guerre mondiale, douze premiers ministres, neuf présidents français et six papes, est une véritable mémoire du demi-siècle écoulé.

 

Je ne suis pas monarchiste… Mais je dois reconnaître qu’au-delà des  pompes et solennités, dont la République française n’a vraiment et jamais tenu à se dispenser lorsque les circonstances le justifiaient, une certaine leçon d’équilibre politique a été donnée.

 

Alors, que la fierté d’une majorité de nos amis anglais soit légitime, cela peut se comprendre en dépit de ce qui continuera à nous distinguer. En l’occurrence, il peut être heureux, voire rassurant, de constater que l’emblématique « Liberté, égalité, fraternité » - dont nous sommes tout  aussi fiers - ne s’oppose en rien aux accents du beau et majestueux « God save the queen ».

 

Et puis, tout de même, il y eut l’appel du 18 juin… Et c’était depuis  Londres !