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Publié par Doyenné Pau-Périphérie

PENTECÔTE, LE DON DE L’ESPRIT DE VIE 
(Ac2, 1,11 – 1Co 12,3,7 – Jn 20, 19-23

 

Après avoir dit « tout est achevé (ou accompli) », Jésus incline la tête ». Lui qui a été « élevé  sur la croix » se penche en quelque sorte vers l’humanité, et « nous aimant jusqu’au bout » donne pour nous son dernier souffle… Le souffle, l’amour de Jésus est désormais répandu sur l’humanité, sur l’univers tout entier. Nous sommes au cœur de l’histoire. Elle entre dans son accomplissement. La création nouvelle, selon le cœur de Dieu, vient de surgir avec une fécondité que nous ne pouvons pas encore vraiment soupçonner. L’amour le plus grand en est la source toujours jaillissante.

 

Au soir de la résurrection, « Jésus répand son souffle sur les disciples, et il leur dit ‘’recevez l’Esprit - Saint’’. Comme et mieux encore qu’au jour de la première création, lorsque « Dieu insuffla dans la narines de l’homme une haleine de vie, et l’homme devint un être vivant ». L’homme « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu », mais qui a perdu cette ressemblance par le péché, la retrouve. Plus encore, il devient vraiment « fils de Dieu » dans le Bien - Aimé qui a accompli la volonté du Père. Il participe dans l’Esprit à l’intimité et à la richesse de vie de la Trinité. Et c’est aujourd’hui que nous vivons cette réalité. Nous l’oublions tellement ! Le souffle de Jésus, l’énergie de l’amour qui l’anime nous sont communiqués pour qu’avec lui nous travaillions à la réconciliation de l’humanité toute entière avec Dieu, des hommes entre eux, de chacun avec soi-même. Dès le soir de Pâques Jésus nous associe à sa mission d’être les révélateurs, les porteurs, les collaborateurs de l’amour du Père qui veut la surabondance de sa vie pour tous les hommes.

 

A la Pentecôte (« schavouot », cette année le 14 mai), nos frères juifs célèbrent la fête des moissons, signe de la bienveillance, de la providence de Dieu qui aime son peuple. Mais la plus belle « moisson » pour Dieu est celle que représente une humanité unifiée, pacifiée, fraternelle et filiale, qui donne des fruits abondants d’amour et de vie. C’est pour cela que, ce jour, ils célèbrent surtout le don merveilleux que Dieu a offert à tous les peuples de la terre, mais que la plupart ont refusé : celui de « La Loi », du « Décalogue » dont la mise en oeuvre fidèle est chemin de vie parce qu’il nous fait participer à la Sagesse de Dieu,  nous permettant de vivre en « Alliance » toujours plus forte et plus intime avec Lui et entre nous.

 

Ce don se fit au Sinaï, dans une rencontre où Dieu se manifesta à son Peuple dans la nuée, le vent et le feu. Le vent et le feu : deux réalités à la fois insaisissables que l’on ne peut emprisonner, et, en même temps, deux « énergies » impressionnantes, voire redoutables,.. à forte valeur symbolique.

 

Lorsque l’Esprit, « comme  un vent violent » et « une sorte de feu » vient saisir et « remplir les disciples » en prière, - en état de disponibilité, d’attente au Cénacle (le lieu de l’ultime expression de l’amour et du Testament de Jésus) -, l’amour de Dieu est répandu dans sa plénitude en leur cœur. Force leur est donnée pour l’annoncer et le porter jusqu’aux extrémités de la terre. Dans l’élan suscité par l’Esprit qui ouvre à la vérité toute entière, sont proclamées devant toutes les nations les « merveilles de Dieu »exprimées dans leur perfection par la mort et la résurrection de Jésus. La « Loi » nouvelle que nous propose Jésus, de « nous aimer les uns les autres comme (parce que et à la mesure de)  lui nous a aimés » est alors inscrite au plus intime de notre cœur (de notre intelligence pour animer nos décisions, nos choix, notre action) avec la force de la mettre en œuvre, de l’accomplir.

 

Dans l’Unique Esprit qui est communion, lien d’amour, nul n’est de trop ou « clôné ». Chacun dans son unicité, sa richesse propre, sa diversité, même et surtout quand il se sait tout petit, serviteur, est désormais irremplaçable pour exprimer en faveur de tous une part des merveilles multiformes et inépuisables de l’amour ou du coeur de Dieu à l’égard de l’humanité.

C’est tous ensemble, saisis par l’unique Esprit, que nous offrons au monde, par et dans la communion et le partage de nos différences, une expression plus vraie du Visage de Dieu et de sa tendresse à l’égard de tous. C’est dans la diversité de nos talents conjugués que nous servons sa Vie en tous. 

L’unité est riche de la communion des diversités. Le seul langage a pouvoir être universellement compris est celui de l’amour. Il n’est pas d’abord dans les mots et les discours mais les actes et en vérité. En même temps qu’inépuisable, le seul à être éternellement créatif de beauté et de vie.

 

Dans « Babel » orgueilleuse et totalitaire, l’Esprit de Pentecôte est semeur de vraie liberté et de Vie.

 

Abbé Jean Possompès